Le monde brûle. Pas seulement en flammes visibles, mais en incendies multiples : guerres qui déchirent des territoires et des vies, violences qui s’installent dans les gestes et les paroles, forêts qui s’embrasent sous l’effet d’un climat qui se dérègle. Et dans ce monde déjà en combustion, il y a aussi ceux qui, volontairement ou non, mettent de l’huile sur le feu, attisant les tensions, ravivant les colères, accélérant ce qui menaçait déjà de s’embraser. Tout semble pouvoir partir en fumée : une forêt, une frontière, une relation humaine. Nous avançons au milieu de ces braises, dans un air de plus en plus irrespirable.
Le monde a besoin d’eau. Et nous pouvons être ses pompiers. Ceux qui arrivent au milieu du brasier sans toujours comprendre comment il a pris, mais qui tentent d’empêcher que tout disparaisse. Ceux qui jettent de l’eau sur le feu, qui freinent la propagation, qui sauvent ce qui peut encore l’être. Des gestes urgents, parfois maladroits, qui peuvent paraître dérisoires mais qui sont pourtant essentiels : empêcher que l’incendie devienne irréversible, maintenir debout ce qui vacille encore dans la chaleur étouffante.
Mais cela ne suffit pas. Une fois les flammes contenues, il reste ce que le feu a marqué, ce qu’il a laissé à vif. Et là, nous pouvons être autre chose que des pompiers : nous pouvons être des soignants. Car il existe une autre manière d’agir, plus lente, plus silencieuse. L’huile, si souvent accusée d’attiser le feu, devient ici un baume. Elle ne combat plus l’incendie, elle s’occupe de la brûlure. Elle apaise ce que l’eau a sauvé sans pouvoir réparer. Elle glisse sur les blessures du monde, sur les terres encore chaudes, sur les cœurs encore fissurés.
Alors non, il ne s’agit pas de choisir. L’eau et l’huile ne s’opposent pas, elles se répondent. L’une pour empêcher la destruction, l’autre pour permettre à la vie de reprendre. Il s’agit d’apprendre les deux gestes. Être pompiers dans l’urgence, soignants dans la durée, pour que ce qui brûle cesse, et que ce qui souffre puisse enfin guérir.
(Bridg)
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« Ne vous imaginez pas que l'Amour, pour être vrai, doit être extraordinaire. Ce dont on a besoin, c'est de continuer à aimer. Comment une lampe brille-t-elle, si ce n'est pas par l'apport continuel de petites gouttes d'huile ? Qu'il n'y ait plus de gouttes d'huile, il n'y aura plus de lumière, Et l'époux dira : «je ne te connais pas.» Mes amis, que sont ces gouttes d'huile dans nos lampes ? Elles sont les petites choses de la vie de tous les jours : La joie, la générosité, les petites paroles de bonté, l'humilité et la patience, simplement aussi une pensée pour les autres, Notre manière de faire silence, d‘écouter, de regarder, de pardonner, de parler et d'agir. Voilà les véritables gouttes d'Amour qui font brûler toute une vie d'une vive flamme. Ne cherchez donc pas l'Amour au loin ; Il n'est pas que là-bas, il est en vous. Entretenez bien la lampe et vous le verrez.»
(Les gouttes d'amour, Mère Teresa)